Merveilles du génie canadien!


Pont de la Confédération

La conception et la construction du pont de la Confédération reliant l'Île-du-Prince-Édouard au Nouveau-Brunswick comptent parmi les plus remarquables réalisations du domaine du génie de ce siècle. Son équipe d'ingénieurs, dirigée par des Canadiens, a été confrontée à de nombreux défis et a su les relever.

Les ingénieurs concepteurs ont dû, par exemple, élaborer une norme de conception de 100 ans pour chacun des aspects de la construction, y compris la résistance du pont aux éléments combinés du vent, des vagues et de la glace. Comme les normes de conception des ponts se rattachent généralement à des normes de 50 ans, il a fallu modifier les critères et élaborer un nouveau code de conception, lequel est de sept à vingt-deux fois plus exigeant que la plupart de ceux que l'on retrouve en Amérique du Nord.

En raison des conditions particulièrement difficiles et des exigences de rendement élevées imposées par le nouveau code, les ingénieurs des matériaux ont dû relever de nombreux défis. Ainsi, ils ont dû développer du béton à haute performance afin de répondre aux conditions environnementales particulièrement rigoureuses qui prévalent dans le détroit de Northumberland. Le méga pascal est l'unité de mesure de la résistance du béton. Le béton utilisé dans la construction de la majeure partie du pont de la Confédération a un taux de résistance de 55 méga pascals, comparativement au taux de 30 à 35 méga pascals que l'on retrouve dans la plupart des constructions de béton. Les boucliers anti-glace situés au niveau de l'eau, d'un diamètre de 20 mètres, et leurs piliers, sont une construction monolithe de béton dont le taux de résistance est de 90 méga pascals.

Les ingénieurs-constructeurs ont aussi été confrontés à des défis particuliers. Ils ont dû construire un pont long de 13 kilomètres sur une période de trois ans et demi (où la période de construction était restreinte à six mois par année), et ce tout en respectant de nouvelles normes exigeantes. Ce défi a été relevé en réalisant le précoulage des éléments massifs de la construction sur la terre ferme, puis en procédant plus tard à l'assemblage des 185 composantes principales dans le détroit, à l'aide de matériel nautique géant installé sur des navires. Bien que ce principe n'ait pas été nouveau en soi, il faut se rappeler que certaines des composantes pesaient jusqu'à 8 000 tonnes et qu'elles devaient être positionnées avec une précision inférieure à 20 mm. Même avec les nouvelles normes de conception, les ingénieurs-constructeurs ont su maintenir un rythme effréné de construction d'un demi kilomètre par mois.

Les hautes exigences techniques, l'ingéniosité démontrée et les délais de construction serrés ne sont toutefois qu'un aspect de ce projet. En effet, l'équipe d'ingénieurs canadiens était pleinement consciente de l'importance, sur les plans historique, constitutionnel et culturel, de relier l'Île-du-Prince-Édouard à la partie continentale du Canada. Voilà pourquoi le pont de la Confédération constitue indéniablement une des réalisations les plus importantes du XXsiècle dans le domaine du génie.



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